prévention spécialisée

Voici un bref historique de la reconnaissance de la prévention spécialisée.

C’est à la fin de la seconde guerre mondiale, que l’on vit apparaître pour la première fois sous le nom de « Clubs d’Enfants », la première génération d’expériences, reconnues comme fondatrices de la prévention.

Des initiatives individuelles et locales se font jour, essayant de répondre aux désarrois de tous ordres nés des bouleversements de l’après-guerre (déracinements-reconstructions). Ces derniers amènent un changement dans les mentalités, en même temps qu’apparaissent les premiers effets d’un développement urbain plus ou moins anarchique (phénomène des bandes d’adolescents, les blousons noirs, au cours de l’été 1959).

L’idée d’un nouveau type d’action face aux difficultés rencontrées par les jeunes, a été lancée par quelques personnalités, notamment Fernand DELIGNY dans le Nord de la France, Hubert et Marie Thérèse FLAVIGNY à Paris, à Marseille avec Jacques GONAUD, Robert CHAZAL, juge des enfants à Paris, Philippe MARTAGUET juge des enfants à Bordeaux. Ils aspiraient à trouver des réponses autres que judiciaires et répressives aux délits causés par les jeunes.

« A partir de cette période, l’histoire de cette action est celle d’une double militance, celle d’acteurs civils bénévoles (administrateurs d’associations, …) et professionnels (éducateurs, animateurs, travailleurs sociaux, …) et celle des acteurs institutionnels et politiques qui ont assuré la gestion et la mise en forme législative et financière. »

On peut ainsi considérer que la prévention spécialisée est née de la mouvance de l’Ordonnance du 2 février 1945, relative à l’enfance délinquante et d’une critique interne de la prise en charge institutionnelle.

Un peu plus tard l’Ordonnance du 23 décembre 1958 marque une étape importante, dans la mesure où elle regroupe en un texte unique, l’ensemble des dispositions concernant les mineurs en danger, non délinquants. C’est dans le cadre de leur pouvoir d’assistance éducative que les juges ont été amenés à s’intéresser et à soutenir le développement des clubs et équipes de prévention.

Par un arrêté du 13 mai 1963, le Haut-Commissariat à la jeunesse et aux sports crée un « comité national des clubs et équipes de prévention contre l’inadaptation sociale de la jeunesse ». Mais finalement la prévention quitte le giron de la jeunesse et des sports en 1970 pour être rattachée au Ministère de la santé et plus particulièrement au secteur de l’Aide Sociale à l’Enfance.

L’arrêté du 4 juillet 1972 et ses circulaires d’application, marquent la reconnaissance officielle de ce mode d’intervention, de ses principes, et de ses méthodes, sous le vocable de « prévention spécialisée ».

En résumé, la prévention spécialisée vise à prévenir les situations de danger ou de risque, favoriser l’insertion des jeunes, et travailler avec des publics peu couverts par les dispositifs de droit commun.

Elle s’exerce dans le cadre d’une commande publique et d’un projet institutionnel, tout en restant flexible et adaptable aux besoins du terrain.

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